21.06.2010

Titre IX: "L'année brouillard" de Michelle Richmond

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L'histoire:

En juillet, sur un plage de San Francisco nappée d'un épais brouillard, une petite fille de six ans, Emma, et la fiancée de son père, Abby, marchent en cherchant des coquillages. Abby, photographe professionnelle, détourne un instant son regard d'Emma pour fixer de son objectif un phoque éventré. Quand elle relève la tête, la petite fille a disparu. Le pire vient de se produire. L'angoisse et la panique s'installent ; où est Emma ? Emportée par les vagues rugissantes du Pacifique ? Ou par cette camionnette blanche entrevue sur le parking voisin ? Ou encore par le flot ininterrompu de voitures sur cette route de Californie ?... L'enquête piétine. La police est sur le point de classer l'affaire. Jake, le papa, se décourage tout en s'éloignant de sa fiancée qu'il en silence. Abby prend alors les choses en main. Armée des larmes du désespoir Et de l'énergie née de sa culpabilité, fouillant tous les recoins de sa mémoire à la recherche d'un détail crucial, elle nous emmène à des kilomètres de là vers une découverte stupéfiante...

Mon avis:

Passionnant! il est terrible de penser à la disparition d'un être proche! Abby fera tout son possible pour retrouver Emma...500 pages de thriller, d'amour..;de tristesse, de désarroi....

superbe critique trouvée sur ce site:

http://www.benzinemag.net/2009/10/10/4468/


 L’année brouillard entraîne le lecteur vers cette part fascinante du moi perdu, le plongeant dans la détresse du personnage principal vivant un temps suspendu – épée de Damoclès zébrant également Jake – depuis la disparition de la petite fille. L’année brouillard offre aussi une réflexion douloureuse sur le rôle de la mémoire dans les cas de disparition ou d’enlèvement d’êtres chers. La mémoire « photographique » d’Abby semble ne pas avoir de limites. Photographier des banquets d’entreprises et des cérémonies de mariage constitue l’essentiel de son activité : « C’est précisément ce que je fais dans la vie : je prends des photos, j’enregistre ce que je vois » (page 12). Abby essaie l’hypnotisme puis abandonne. La permanence – douloureuse – des choses et des êtres la harcèle. La disparition d’Emma ravive les blessures ; comme dans une boîte à images, elle se penche sur son passé : le souvenir de ses parents austères, de sa sœur Annabel – qui enceinte la renvoie encore à l’image d’Emma – ou encore celui de Ramon, un ami mort dans un accident de moto. Nick, un nouvel ami, sert de contrepoids temporaire à ce fardeau mortifère. Abby préfère d’ailleurs s’adresser à la science plutôt qu’à Dieu : « A l’avenir, il sera peut-être possible de prendre un médicament immédiatement après un événement traumatisant – quelque chose comme une pilule du lendemain – qui éliminera complètement le souvenir de ce dernier. » (page 488).
Cette douloureuse attente (« l’année brouillard ») s’accompagne du sentiment fugitif de la vie, réalité semblant sans cesse soustraite au personnage, offrant de nouveaux mirages, ce qui fait dire à Abby : « Nous prenons des photos pour nous souvenir, mais il est dans la nature même de la photographie d’oublier. » (page 203)L’année brouillard, drame familial et réflexion sur l’échec d’un couple sur fond d’intense tension psychologique, est un roman ambigu, à la fois réaliste et métaphysique : « Les photographies représentent notre lutte éternelle contre le temps, notre détermination à préserver un moment : la jolie petite fille bébé, avant qu’elle devienne une adolescente difficile, le beau jeune homme, avant que la calvitie et la graisse prennent son corps d’assaut ; le voyage de noces à Hawaï, avant que les deux époux deviennent des étrangers l’un pour l’autre, partageant le même toit dans la colère. » (page 202)
Après un long parcours initiatique ayant pour cadre la végétation luxuriante et les plages
branchées du Costa Rica, Emma est enfin retrouvée, après avoir été soustraite à ses ravisseurs. Le personnage de Lisbeth, la mère d’Emma, réapparaît discrètement, offrant une surprise supplémentaire dans le système narratif de l’histoire. Après le Temps de la photographie, le Temps du couple Jake/Abby… cette Année brouillard se conclut par l’inévitable violence du Temps de la renonciation. Le personnage principal du roman de
Michelle Richmond
renonce à son histoire à trois, concluant que les relations se résument en fait à une histoire de Timing. Astucieusement, la fin de L’année brouillard renvoie cycliquement à son début, à la fameuse minute d’inattention sur la plage déjà évoquée. Constatant l’impossibilité de son ménage à trois [avec Jake et Emma], la jeune femme exprime ainsi son renoncement : « Pour lui, je serai toujours et seulement celle qui a perdu Emma, non celle qui l’a retrouvée. Celle qui a détourné les yeux. » (page 484)Derrière des dialogues en apparence banals et une plume au style classique,
L’année brouillard
est un bon gros roman métaphysique, assez fascinant, qui explore méticuleusement toute la banalité du quotidien des êtres brisés par une séparation.

Thierry de Fages

Extrait choisi:

Je me repasserai ce moment des milliers de fois. Je tiendrai un carnet dans lequel je noterai les détails. Il contiendra de mauvais croquis, des représentations graphiques du temps et du mouvement, des pages et des pages sur lesquelles je tenterai de retrouver le passé. Je prétendrai que la mémoire est fiable, qu'elle ne s'érode pas aussi rapidement et complètement que les lignes brisées d'un dessin sur un télécran. Je me dirai que, enfoui quelque part dans les méandres tortueux de mon esprit, il y a un détail, un indice, une unique et toute petite chose qui me conduira à Emma.
Plus tard, ils voudront savoir à quel moment précis j'ai remarqué qu'elle n'était plus là. Il voudront savoir si j'ai vu quelqu'un de bizarre sur le plage, si j'ai entenu quelque chose dans les instants qui ont précédé ou suivi sa disparition. Ils - la police, les reporters, son père - me poseront les mêmes questions des milliers de fois, leurs yeux remplis de désespoir plantés dans les miens, comme si, par la répétition, ils pouvaient peut-être raviver mes souvenirs, comme si, par la force de leur volonté, ils pouvaient faire apparaître des indices où il n'y en pas.
Voilà ce que je leurs dis, voici ce que je sais : je marchais sur la plage avec Emma. Il faisait froid et le brouillard était épais. Elle a lâché ma main. Je me suis arrêtée pour photographier un bébé phoque, puis j'ai levé les yeux vers Great Highway. Quand j'ai regardé de nouveau vers la plage, elle avait disparu.

 



 

12:09 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Titre VIII: "On a de la chance de vivre aujourd'hui" de kate Atkinson

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L'histoire:

Kate Atkinson nous offre ici son second recueil de nouvelles. Il s'agit bien d'un, non!, de huit petits présents emballés dans une couverture donnant le ton, so british !

Mon avis:

Allant du thriller et à l'humour très noir...de la première histoire (celle que je préfère) au texte "genèse" super bien ficellé...c'est une autre lecture, très fraîche...merci!!!

Extrait choisi:

Dieu soupira et un terrible vent balaya l'univers et effaça la terre. Une larme roula de son oeil et il lui fallut un milliard d'années pour tomber. Elle finit par s'écraser dans le vide et le monde naquit de nouveau.

 

 

11:03 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Titre VII: "Elle t'attend" de Florian Zeller

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L'histoire:

Sous la chaleur écrasante du soleil de Corse, une femme attend l'homme qu'elle aime et qui tarde à revenir. Il est parti marcher dans les montagnes. Les heures passent, et son absence prend un sens de plus en plus inquiétant. Où est-il ? Et pourquoi a-t-il disparu ? Les hypothèses se succèdent. Mais les questions demeurent sans réponse. 'Je ne sais plus, tant je t'aime, lequel de nous deux est absent... 'nous dit cette femme qui, en quelques heures, explore les gouffres du sentiment amoureux, et le tumulte de l'attente.

Mon avis:

L'absence

Gérer l'inconnu

Ne pas savoir

Ne pas s'en faire

Vivre comme çà

Je ne suis pas arrêtée en lisant ce roman! je n'ai pas levé les yeux...

C'est une pièce...sa quatrième à Florian...elle laisse sa part de mystère...une belle histoire...



Où a été jouée cette pièce?

"Elle t'attend", de Florian Zeller, au théâtre de la Madeleine

http://www.obiwi.fr/culture/33588-elle-t-attend-de-florian-zeller-au-theatre-de-la-madeleine

 

 

 

10:53 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.06.2010

Titre VI: "Où es-tu?" de marc Lévy

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L'histoire:

Adolescents, ils représentaient tout l’un pour l’autre. Avec l’optimisme de leur jeunesse, ils se sont promis de s’aimer pour toujours – quand bien même le destin devrait les séparer. Et la vie va les écarter l’un de l’autre comme deux étoiles soumises aux lois de la gravitation. Elle affrontera la violence des ouragans en Amérique centrale, tandis qu’il réussira à Manhattan. À l’exception de quelques rencontres furtives à l’aéroport de Newark, ils ne sauront de leurs vies réciproques que ce que disent les lettres qu’ils vont s’écrire pendant des années. Sans jamais que se brise le lien qui les unit…
Philip avait alors promis à Susan qu’il serait toujours là s’il lui arrivait quelque chose. Il ne pouvait pas savoir que cette promesse allait profondément bouleverser sa vie. Que pour l’honorer, il devrait ouvrir son cœur à l’inconnu…(source : site officiel de marc lévy)

Mon avis:

oui çà se lit très vite...c'est le seul livre que j'ai lu ce marc pour le moment...je suis entrée dans cette hitoire pleine de sentiment et d'impossible...j'aime les moindres détails qu'il explique...Je me suis imaginée ces personnages, je leur ai crée un visage..;des odeurs...c'est de l'amour, c'est de la verité, la vie n'est pas simple, assumer ses choix..ou pas...carpe diem!

Extrait choisi

Je t'ai fait attendre ? demande-t-elle.

Non, tu es presque à l'heure, c'est maintenant que tu vas me faire attendre.

Tu es là depuis longtemps ?

Je n'en ai pas la moindre idée. Qu'est-ce que tu es jolie ! Assieds-toi.

Elle sourit et regarde sa montre.

Je décolle dans une heure.

Je vais tout faire pour que tu le rates, pour que tu ne le prennes jamais !

Alors je décolle d'ici dans deux minutes ! dit-elle en s'asseyant.

Bon, c'est promis, j'arrête. Je t'ai apporté quelque chose
.

 

 

 

11:32 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Titre VI: "numéro six" de Véronique Olmi

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L'histoire:

La famille Delbast est catholique. Cinq frères et sœurs précèdent Fanny, qui est arrivée bien après les autres, sans qu'on l'attende et sans qu'on la souhaite. Petite fille solitaire, Fanny adore son père, mais il ne la voit pas. Trop de choses les séparent, trop de vie, de retenue aussi. A cinquante ans, Fanny lit les lettres envoyées du front par son père, qui lui dévoilent un jeune poilu pétri d'angoisse très différent de l'homme autoritaire qui l'a élevée. A la lumière de cette découverte, elle tente alors de trouver, auprès du veuf centenaire dont elle prend soin désormais, une place qui ne lui sera plus contestée. C'est avec une sensibilité remarquable que Véronique Olmi aborde le thème de l'amour filial comme prétexte à une critique subtile de la bourgeoisie catholique, et de l'insidieuse violence dont est capable ce monde bien-pensant.

Mon avis:

L'amour d'une fille pour son père...j'aurais pu le détester ce père! Oui!

Elle relit ses lettres de soldat..comprend des choses, des sentiments, pourquoi il est ce qu'il est devenu...

Moins de sentiment dans ce livre, beaucoup de constatations, ....mais j'aime toujours autan ses écrits...Mais nous sommes toujours dans le drame familial..comme bord de mer..des sentiments ratés, manqués...


 

 

Mais pourquoi ce titre? ...

11:14 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Titre V : "Bord de mer" de Véronique Olmi

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L'histoire:

 

En pleine semaine d'école, une mère de famille emmène ses deux enfants, Kevin et Stanley, en bord de mer. C'est un voyage difficile, en bus, à travers la nuit et sous une pluie continue. L'hôtel est plutôt minable, la chambre ridiculement petite, le temps ne permet même pas de distinguer la mer de l'horizon, l'argent manque. Les jours pourraient être meilleurs. Mais de ces jours meilleurs il n'en est pas pour cette femme, qui doucement va s'enfoncer, se cogner à cette ville, à l'image du monde, hostile, froid, sans avenir possible, sans légèreté aucune, pas même dans cette foire foraine où elle conduit ses gosses. Rien qu'un voyage au bout de la nuit, qui s'achève dans l'étouffement.


Mon avis:


Un livre en souffrance, un livre vraiment difficile à lire, non pas dans la texture et les formations de phrases...(d'ailleurs nous avons du grand Olmi ici) c'est dans la solitude de cette maman avec ses deux enfants. ces enfants qui ne sont pas heureux, qui connaissent déjà la pauvreté, la privation, le manque de confort, l'humidité des vêtements déjà mis ...les petits sous dans la poche qui ne le feront pas manger un bon repas...ce voyage raté...ce froid immense dans leurs coeurs...ces angoisses de cette maman dépressive...et cette fin...cette fin... je n'en reviens toujours pas!

Quand j'ai refermé ce livre, je voulais y retourner pour tout changer, lui dire à cette mère...lui dire..la secouer!...mais non...tout était fait.;dit..et à la fois j'étais soulagée de ne plus lire autan d'égarement de de souffrance...

Extrait choisi:


On était dans la nuit, dans le bruit, on traversait des lumières, on dépassait des camions, on dépassait mais pour aller où exactement?", dans la ville inconnue, ils ont "l'impression d'avancer sur un chantier, pas sur un trottoir, à moins que ce soit une ville sans trottoir". Il pleut et tout prend la couleur de la boue, à l'hôtel "c'était comme entrer dans un tunnel, un passage souterrain, on pouvait pas s'imaginer comment elle serait la chambre, tout était trop marron, trop sombre, ça ouvrait pas de perspective". La réalité se dérobe, le paysage se fait hostile, métaphore vive du paysage mental de la narratrice qui devient sable mouvant : "Ça s'est mis à parler tout seul dans ma tête, j'aime pas ça, c'est une sale bestiole la pensée, des fois j'aimerais mieux être un chien. Les chiens c'est sûr se demandent jamais où est leur place ni qui ils doivent suivre, ils lèvent leur truffe et tout est enregistré, calé pour toujours. Ils s'y tiennent. Les hommes manquent d'odorat, voilà le danger".




 

11:05 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Titre IV : "Les écrivains n'existent pas" de Luc Baba

Auteur Belge!

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L'histoire:

Les écrivains n'existent pas, c'est un hiver d'auteur, une histoire de couple qui se détricote, une étrange image de la mort, et l'obsession d'écrire, une fuite née de tout cela, et la mer du Nord. La mer et sa frontière de sable entre la moitié du monde où tout est possible et la moitié inverse. La mer et ses cheveux gris, mélancolique, échouée à Ostende, et cette fille qui lui ressemble, cette passante aux yeux perdus.
La suite est une histoire d'amour qui ne ferait pas exprès d'être une histoire d'amour. Une petite môme voisine croira y trouver un refuge, une seconde vie possible.
Vivant, dans la marge, quelques minutes étrangères, ils vont effleurer ce qu'ils pouvaient recevoir peut-être de plus précieux. Et poser ces instants-là comme un diapason sur la table de leur mémoire, pour les jours où ils n'auront plus de musique.

Mon avis:

Un véritable coup de foudre pour ce livre qui me donne envie de lire un peu de baba pour le moment, quelques mois après cette belle lecture, il en reste un goût salé, venteux ...poétique, et puis cette partie de notre pays qui m'est cher...le climat de cette histoire nous enrobe jusqu'au dernier mot!


En savoir plus sur l'auteur


Luc Baba, né en 1970, est professeur d'anglais, animateur d'ateliers d'écriture, comédien et chanteur amateur, écrivain et dramaturge. Remarqué des son premier roman La cage aux cris (Prix Pages d'Or 2001), il n'a cessé depuis lors de confirmer son talent en publiant, avec une régularité de métronome, un roman nouveau à chaque rentrée littéraire : de la terre et du vent en 2002, L'eau claire de la lune en 2003, et Le marchand de parapluies en 2004. (source: fnac)

 

Extrait choisi:



Il pleuvait comme pour toute la planète, où je marchais face au vent. Un vieux voisin qui devait avoir bu son poids de trappiste clapotait en haut de la rue Chauve-Souris, une rue en escalier, avec des marches creuses et gorgées d’eau. Soudain, le vieux a manqué de mouiller ses chaussettes, et sa jambe a fourché, il a expiré d’un coup toute sa force en cherchant une rampe, et son corps a basculé, heurté violemment la pierre, en plein front. Je l’ai regardé rouler mollement, sans faire de bruit, jusqu’à mes pieds, et là, le temps s’est étiré d’un coup tel une corde. Il manquait un souffle dans l’air.

 

 

10:34 Écrit par Carole Merlot dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |